“J’ai toujours senti que si on évitait notre peur, le fantôme de cette peur ne disparaîtrait jamais. Cela diminue les gens.

Donc, j’ai dit “oui” à toutes les choses qui me faisaient le plus peur.”


Hugh Jackman-

 

Cette citation peut paraître “bateau” à la première lecture. Cependant, elle m’inspire beaucoup. Durant mon adolescence, j’ai évité de nombreuses situations qui me faisaient véritablement peur (au point de ne pas savoir décrocher UN SEUL mot aux gens qui m’entouraient!). Ce qui me semblait confortable et facile avant mon adolescence devenait une montagne à surmonter à cause de ces évitements répétés.

 

 

Éviter une situation qui nous fait peur est confortable  sur le court terme.

Mais croyez moi ou non, on en paye très cher plus tard.

 

 

Le courage n’est pas réservé aux super-héros. Peu importe l’acte qu’une personne réalise, tant qu’elle agit en présence de peur, elle est courageuse. On a tendance à associer à tort le courage avec des actes héroïques mais il n’en est rien. Celui-ci est présent chez chacun d’entre nous. Oui, vous qui lisez ces lignes, vous êtes courageux.se. Le courage est une décision de chaque instant : soit on agit, soit on reste dans le confort. Ce qui nous pousse le plus souvent à ne pas agir est :

 

La peur

 

La peur est une émotion primitive (et automatique!) ressentie par tous les êtres humains. Cela veut dire que bien avant vous et moi, les personnes qui nous entourées avaient déjà peur. Pour nos ancêtres lointains, elle était leur première arme.

 

savane en Afrique , désert du Sahara

 

Imaginez-vous pendant un instant au milieu de la savane africaine. Autour de vous, il n’y a que le sol chaud sur lequel vous posez vos pieds nus. Ce sol s’étend à perte de vue. Pour vous protéger du soleil, vous portez des feuilles d’arbres de part et d’autre de vos parties intimes. Il fait chaud. Très chaud. Il est 14h (mais ça vous le savez pas!). La seule chose que vous savez est qu’il faut trouver un abris avant la tombée de la nuit. Votre vie en dépend. En attendant vous marchez et les plus grands prédateurs (les lions actuels devaient être du “pipi de chat” à côté) peuvent surgir à chaque instant. Vous êtes affamé et eux aussi.
Pour survivre, il fallait être prudent et développer diverses stratégies pour tenter d’éviter les situations trop risquées. On retrouves des comportements semblables chez les animaux.

 

En clair : La peur était leur premier moyen de survie. 

 

 

 

 

Selon l’article de VeryWellMind, la peur peut être caractérisée en deux réponses principales :

 

Une réponse émotionnelle

Bien qu’elle soit personnelle, elle est bien connue de chacun d’entre nous. Pour faire simple, l’hormone “reine” associée à la peur est l’adrénaline. C’est un neurotransmetteur (hormone libérée par les neurones) abondamment sécrété suite à un état de stress. Quand on évoque le mot “adrénaline” on pense principalement aux sports extrêmes comme le saut en parachute ou encore la plongée sous-marine.

 

un surfeur glisse sr une vague coucher de soleil

 

Prenons l’exemple d’un surfeur (“John”) et d’un simple touriste (“Bob”).

Admettons que ces deux personnages se retrouvent tous deux sur une plage de la côte basque, à Biarritz. Ville bien connue pour ces spots de surf et donc de la hauteur des vagues.

Une fois dans l’eau, les vagues se faisant plus grandes les unes que les autres, on mesure le niveau d’adrénaline chez Bob et John. Tous deux ont le MÊME niveau d’adrénaline.

L’un utilise sa peur pour surfer et glisser sur la vague. Il ne cherche pas à lutter contre elle mais plutôt à l’utiliser à son avantage. John perçoit positivement la peur.

L’autre cherche à vaincre sa peur en évitant les vagues et en retournant rapidement sur sa serviette. Bob perçoit négativement la peur.

 

Conclusion : Bien que la réaction de peur soit la même, on peut percevoir la peur soit de manière positive soit de manière négative.

 

 

Une réponse biochimique

La réponse biochimique est universelle. Nous la rencontrons chez chacun d’entre nous. Lors d’un stress intense (un entretien d’embauche par exemple), la libération d’adrénaline et de noradrénaline par les glandes surrénales va créer des changements physiologiques dans le corps. Ces changements sont bien connus de tous. En voici quelques exemples :

  • Accélération du rythme cardiaque

 

  • Hyperventilation (respiration courte et rapide)

 

  • Contraction musculaire expliquant le fait d’être “tendu”

 

  • Vasoconstriction des vaisseaux sanguins périphériques et une vasodilatation des vaisseaux centraux expliquant ainsi les rougissements au niveau du visage

 

  • tremblements, transpiration  excessive,…

 

Ce type de réaction est appelée “Fly or Flight response” ou “réponse combat-fuite”. Elle fait ainsi référence aux diverses réactions de notre corps lorsque nous rencontrons une situation stressante.

 

L’objectif principal de la réponse combat-fuite est de préparer notre corps à fuir ou à faire face à la menace qui se présente.

 

 

Selon l’American Psychiatric Association (APA), les phobies sont la maladie psychiatrique la plus répandue chez les femmes et la deuxième plus fréquente chez les hommes (Cherry & Gans, 2018). On peut définir une phobie comme une peur démesurée et irrationnelle d’un objet ou d’une situation quelconque.

 

Les 5 peurs les plus communes (Cherry & Gans, 2018) :

 

1 – La phobie sociale

La phobie sociale (aussi appelée anxiété sociale) est probablement l’une des peurs les plus répandues et probablement l’une des plus invalidantes. En effet, dans sa forme extrême, la personne atteinte est amenée à éviter la plupart des situations sociales (aller dans le train, au supermarché, dans un parc…). La personne n’ose plus sortir de chez elle. Elle correspond à la peur d’être jugé et évalué négativement par autrui. Elle amène le plus souvent à des sentiments d’infériorité, de ruminations mentales, d’une faible confiance en soi ainsi que d’une faible estime de soi.

Selon l’article de VeryWellMind, la forme la plus commune de phobie sociale est la peur de parler en public. 

 

 

2 – Arachnophobie

Plus connue sous le nom de “peur des araignées”. Cette dernière englobe la peur des araignées mais également de toute la classe des arachnides (acariens, scorpions, tarentule, mygale…). Selon Cherry & Gans (2018) , près d’une femme sur trois et d’un homme sur quatre est atteint d’arachnophobie!

 

 

3 – Agoraphobie

Elle correspond à la peur de ne pas pouvoir être secouru ou de s’échapper, dans des lieux publics. On associe souvent l’agoraphobie avec les attaques de panique (crises d’angoisse intenses qui apparaissent de façon brutale). Elle peut mener à l’isolement due à la peur de faire une crise de panique dans des lieux publics.

Pour illustrer ça : Vous êtes au plein milieu de la foule de votre concert préféré et là une angoisse intense vous traverse : “Et si je faisais un malaise ? Comment les secours pourraient venir me sauver ? Que vont penser les gens autour de moi ?”.

 

 

4 – Acrophobie

Non, ce n’est pas la peur “d’être accro”! Elle se rapporte à la peur de la hauteur. Une personne atteinte d’acrophobie ressent des difficultés lorsqu’elle est confrontée à des situations où elle se retrouve loin du sol (escalade, ascension de différents monts ou tours, en haut d’un pont,…).

De manière très schématique c’est ce moment où l’on ferme nos yeux quand on passe sur un chemin bien trop étroit et que juste au-dessous de nous il n’y a que du vide. Oui, oui ce chemin où juste vous et votre voiture pouvez passer et que si une seule pierre tombe vous tombez avec elle dans le ravin.

 

 

5 – Ophidiophobie

Tout comme l’arachnophobie, l’ophidiophobie est une peur intense liée aux animaux  (ou “zoophobie”). L’ophidiophobie correspond à la peur des serpents.

D’après Cherry & Gans (2018) :

Des études ont montré que ces animaux ont tendance à provoquer une réaction de dégoût. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les phobies des serpents sont si courantes alors que les gens ne présentent généralement pas de phobies similaires avec d’autres animaux dangereux tels que les lions ou les ours.

 

Je vous rassure : ce n’est pas parce que vous avez déjà ressenti chacune de ces peurs une fois (ou plus) dans votre vie que vous êtes “phobique”.  Si on me demande de courir tout nu dans la rue devant tout le monde ou d’être le meilleur pote d’une mygale, je serai envahi d’une grande peur. Cependant, cela ne fait pas de moi une personne “phobique”.

 

Après vous avoir refroidi avec tous ces types de peurs, nous allons nous réchauffer en répondant à la question de ce présent article (enfinnnnnnnn!!!!!).

 

 

casque avec une épée et gants posées sur un mur

5 avantages à affronter ses peurs

 

 

1 – Être vulnérable

Agir c’est courir le risque de se tromper, de douter, d’aller vers l’inconnu, de subir des moqueries, la solitude, la déception…Mais c’est aussi courir le risque de réussir ! Combien cela vaut pour vous de réaliser ce que vous souhaitez vraiment ? 

Pour reprendre une citation de Huffpost :

“Nous avons peur de laisser les gens voir qui nous sommes vraiment et de nous exposer à eux. Nous évitons donc le seul facteur qui puisse nous rendre plus courageux: la vulnérabilité. Le courage et la vulnérabilité sont étroitement liés, dit Brown, et ces deux qualités peuvent grandement améliorer nos vies.

 

Brené Brown est une chercheuse en Psychologie à l’Université de Huston. Elle a passé ses quelques 10 dernières années à étudier la vulnérabilité et le courage. Autant dire qu’elle s’y connaît (légèrement) plus que moi sur ce sujet. Brené Brown a écrit un best-seller (que je vous conseille fortement). Voici le lien si cela vous intéresse.

 

Si vous voulez en savoir plus sur le pouvoir de la vulnérabilité, je vous invite à regarder ce TED talk, un vrai must à voir (plus de 30 millions de vues!).

 

 

2 – Contrôler son stress

Je ne vous apprends rien si je vous dis : “affronter ses peurs c’est stressant”. De ce fait, en vous confrontant régulièrement à vos peurs, vous apprendrez à contrôler votre stress.

D’après Philippe Goldin (neuroscientifique à Stanford), l’exposition à nos peurs est le moyen le plus efficace pour lutter contre notre anxiété. (Rogis, 2013)

 

 

3 – Savoir ce qui est important pour nous

La peur est un indicateur. Je me souviens avoir entendu en boucle cette phrase : “Si vous n’avez pas peur, c’est sûrement parce que ce n’est pas important pour vous.” Lors de la première écoute, je suis resté dubitatif. Je n’étais pas persuadé. Et puis, quand on y réfléchit bien : nos plus grands projets, nos rêves, la personne que l’on souhaite devenir….et bien ça fait peur!

L’une des peurs que l’on retrouve le plus chez les personnes qui peuplent cette Terre est la peur du jugement des autres.

De l’autre, ce que souhaite la majorité des gens dans ce monde est d’avoir des amis, un.e (futur.e) copain/copine, fonder une famille.

Coïncidence ? Je ne pense pas.

 

 

Comme dit Tim ferris :

 

Ce que nous craignons le plus de faire est généralement ce que nous avons le plus besoin de faire.”

 

 

4 – Vous rendre “invincible”

Bien sûr cela est une image ! Quoique … Jeff Wise dans Psychology Today explique qu’une peur intense peut créer les mêmes effets que l’on retrouve lorsqu’on fume de la marijuana ou que l’on prend des amphétamines. Fumer du cannabis provoque une certaine euphorie associée à un sentiment de détente tandis que les amphétamines diminuent la sensation de fatigue et celle de la faim, accroissent les faculté de concentration et augmentent la confiance en soi.

Après l’exposition à notre peur, Jeff Wise explique que l’on peut courir plus vite et soulever des poids plus lourds. Il rajoute :

Il y a vraiment eu des cas de personnes paniquées soulevant des voitures avec leurs mains nues.(Wise, 2011)

 

 

5 – Développer le courage

Le courage correspond à l’une des valeurs que l’on admire le plus chez les gens. Tout comme la confiance en soi, il est semblable à un muscle : plus vous le faites travailler, plus il gagne en volume (et donc plus vous devenez courageux.se). Aristote nous le confirme. Selon son point de vue, nous développons le courage en réalisant des actes de courage.

 

Des études sérieuses en Psychologie ne font que renforcer cette idée :

Le courage est une habitude morale à développer par la pratique (Cavanagh & Moberg, 1999). Cette vue est compatible avec le concept d’auto-efficacité de Bandura, dans lequel des performances réussies (même par procuration) renforcent l’espoir d’une réussite future (Bandura, 1977). Les individus sont plus susceptibles de faire face à une situation et d’essayer d’y faire face si leur expérience antérieure leur donne des raisons de croire qu’ils peuvent relever le défi. (Dean, n.d.)

 

 

 

À chaque fois que vous agissez malgré la présence de peur, vous devenez plus courageux.se.

 

 

 

Résumé

 

  • Peu importe l'acte qu'une personne réalise, tant qu'elle agit en présence de peur, elle est courageuse.
  • La peur est une émotion primitive (et automatique!) ressentie par tous les êtres humains.
  • Elle peut être caractérisée en deux réponses principales : une réponse émotionnelle et une réponse biochimique.
  • L'objectif principal de la réponse combat-fuite est de préparer notre corps à fuir ou à faire face à la menace qui se présente.
  • Les 5 peurs les plus communes: la phobie sociale, l’agoraphobie, arachnophobie, acrophobie, ophidiophobie.
  • 5 avantages à affronter ses peurs : être vulnérable, contrôler son stress, savoir ce qui est important pour nous, vous rendre « invincible », développer le courage.

 

 

 

Il me reste plus qu’à vous souhaiter d’affronter vos peurs.

 

Comme disait Aristote :

Vous ne ferez jamais rien dans ce monde sans courage.

 

Belle bataille à vous !

 

Ps : Si vous avez en tête un sujet d’article que vous voulez que je traite, n’hésitez à me le faire savoir.

 


Références

Fritscher, L., & Gans, S. (2018). The Psychology of Fear. https://www.verywellmind.com/the-psychology-of-fear-2671696

Cherry, K., & Gans, S. (2018). 10 Most Common Phobias.https://www.verywellmind.com/most-common-phobias-4136563

How To Conquer Your Fears And Live A More Courageous Life. (2013). https://www.huffpost.com/entry/conquering-fear_n_3909020

Rogis, J. (2013). Baby Steps: The Best Way to Overcome Your Greatest Fears. https://lifehacker.com/5973996/baby-steps-the-best-way-to-overcome-your-greatest-fears

Wise, J. (2011). Nine Secrets of Courage From ‘Extreme Fear’. https://www.psychologytoday.com/intl/blog/extreme-fear/201102/nine-secrets-courage-extreme-fear

Dean, B. Courage | Authentic Happiness. https://www.authentichappiness.sas.upenn.edu/newsletters/authentichappinesscoaching/courage

Toren, M. (2015). 6 Thoughts on Why Facing Your Fears Could Help You Achieve Massive Success. https://www.entrepreneur.com/article/252739