« La plus grande victoire, c’est la victoire sur soi. »

-Platon-

 

Quoi de mieux qu’une entrée en matière philosophique ? Bien que derrière le concept de confiance en soi se cache peu de philosophie, on peut extrapoler la citation de Platon comme l’importance de travailler sur soi. Les personnes les plus confiantes sur  cette Terre (sur Mars je ne sais pas comment ça se passe…) travaillent constamment, sans relâche, sur leur propre personne.

 

La confiance en soi pour atteindre le succès

 

 

Qu’est ce que la Confiance en Soi ?

 

 

Mais avant de vous dévoiler tous les grands secrets qui se cachent derrière la confiance en soi, permettez moi d’introduire cette noble notion dans ce présent post.

 

Notre bien connu « Larousse » définit la confiance en soi comme étant un sentiment, conscience que l’on a de sa propre valeur et dans lequel on puise une certaine assurance.

 

D’après moi, la confiance en soi serait cette capacité à agir selon nos propres aspirations. Ma définition semble proche de celle du courage, à la différence qu’elle se rapporte à nous-même. Selon moi, il n’y a pas de confiance en soi sans action.

La confiance en soi s’acquiert progressivement par diverses actions que l’on met en place pour agir sur une situation donnée. À ce sujet, je vous renvoie vers cet article où je donne des astuces pour devenir plus confiant(e).

 

Il existe deux grands types de confiance en soi (Fanget, 2003):

 

 

  • La confiance en soi inconditionnelle :

    Elle est à la base de la confiance en soi. C’est elle qui correspond à la définition que l’on se fait de nous-même. Nous nous estimons avec une certaine valeur, insensible aux événements. C’est cette même notion qui nous permet de penser que l’on doit progresser dans certains domaines et pas dans d’autres. Elle est également conditionnée par nos défauts et qualités, qui font de nous un être unique. Exemple : « Je suis beau », « je suis trop bavard », « je gagnerai à être plus sociable »

La confiance en soi inconditionnelle est de ce fait basée sur notre propre perception.

 

 

  • La confiance en soi conditionnelle :

    Cette confiance est attribuée à notre réussite et à nos relations avec les autres. C’est l’idée que pour être quelqu’un de bien, je dois réussir (professionnellement, amicalement ou autre) et je dois être apprécié par les autres.

La confiance en soi conditionnelle est quant à elle basée sur autrui.

 

 

Comme vous auriez pu vous en douter (ou pas), c’est la recherche d’un équilibre entre ces deux types de confiance en soi, conditionnelle et inconditionnelle, qui permettra un fonctionnement psychologique optimal (donc une confiance en soi en béton armé).

En outre, le terme « Confiance en soi » est associé, de manière plus large, à deux autres concepts essentiels : l’affirmation de soi et l’estime de soi. Pour comprendre les mécanismes psychiques de la Confiance en soi, il me semblait primordial d’évoquer ces trois notions. Ces dernières sont constamment en interaction. Elles se complètent et se chevauchent. Frédéric Fanget, médecin psychiatre et psychothérapeute, explique que lorsque l’une d’entre elle vient à manquer, alors notre personnalité est vulnérable.

 

Il décrit dans son livre (Fanget, 2003) les trois dimensions de la confiance en soi (« La pyramide de la confiance en soi ») :

 

 

Dessin fait maison

La petite touche : “fait maison”. 

 

 

– Première dimension –

LE MOI : L’estime de soi 

C’est un jugement de valeur global que nous portons sur notre personne. Comment vous vous voyez. Sans elle, vous aurez beaucoup de mal à prendre confiance en vous. Elle constitue la base de la confiance en soi.

 

 

– Seconde dimension –

VOS ACTES : La confiance en soi 

Elle correspond à votre sentiment de compétence personnelle. Est ce que je me sens capable de faire telle ou telle chose ? Est ce que je crois en mes capacités en tant que Femme/Homme/… ?

 

 

– Troisième dimension –

LES AUTRES : L’affirmation de soi 

Elle est basée sur la perception qu’a autrui sur nous. Je m’aime plus, je m’apprécie plus lorsque les autres sont bienveillants avec moi, lorsqu’ils me soutiennent ou lorsqu’ils me disent que j’ai fait quelque chose de bien.

 

 

Comme je le disais plus haut : Pour qu’une personne se sente pleinement confiante et dans le bien-être,  ces trois notions doivent coexister de manière suffisante, sans que l’une vienne à manquer ou que l’autre soit en excès (situation plutôt rare).

 

 

Estime de soi vs confiance en soi

 

Maintenant que j’ai posé les bases théoriques de la confiance en soi et de ses principaux constituants avec vous, j’aimerai lever le voile sur un amalgame. En effet, de nombreuses personnes autour de moi (à commencer par Simon) ont des difficultés à faire la différence entre confiance en soi et estime de soi.

 

Que se cache t-il vraiment derrière ces deux notions ?

 

 

« L’estime de soi, c’est la réputation qu’on a de soi-même. »

disait Nathaniel Branden (psychothérapeute américain).

 

Frédéric Fanget (2003) définit l’estime de soi comme un jugement de valeur global que nous portons sur notre personne. L’estime de soi répondrait à la question : Comment vous voyez-vous ?

Ce concept est étroitement lié avec le regard d’autrui. Certains scientifiques comparent l’estime de soi à un « sociomètre ». C’est dire ! Le niveau d’estime de soi est corrélé aux expériences subjectives d’approbation ou de rejet par autrui.

Pour vous donner un exemple : Plus un sujet pense qu’il est l’objet d’une évaluation favorable par les autres, plus cela risque d’améliorer son estime de soi. A contrario, si vous avez une faible estime de vous même, bien que votre vie soit une succession de réussites (ce que je vous souhaite !), tout le monde vous admirera mais pas vous. Comment je me perçois est une notion inhérente à l’estime de soi. Tout comme la confiance en soi, l’estime de soi n’est pas forcément distribuée de manière homogène chez chacun d’entre nous. Certain pourrait posséder une grande estime d’eux-même dans le domaine sportif et posséder une estime de soi faible dans le domaine des études.

 

Conclusion: l’estime de soi c’est la valeur que je me donne.

 

 

bonne faible estime de soi et les attitudes favorables à adopter

 

 

Inutile de redéfinir la confiance en soi une seconde fois. Cependant, résumons (grossièrement) ce que l’on a dit :

 

  • Elle correspond, quant à elle, à votre sentiment de compétence personnelle (Fanget,2003).

 

  • Elle répond à la question: Est ce que je me sens capable de faire telle ou telle chose ?

 

  • Avoir confiance en soi,  c’est croire en sa capacité ou aptitude à s’engager avec succès  dans une tâche quelconque.

 

  • Une personne confiante est prête à relever de nouveaux défis, à saisir des opportunités, à affronter des situations difficiles et à assumer ses responsabilités lorsque les choses tournent mal.

 

Conclusion : la confiance en soi c’est ma croyance en mes propres capacités.

 

 

A quoi sert L’estime de Soi ? 

 

Nous verrons ici les principales fonctions à notre estime de soi. Sans plus tarder les voici :

 

 

S’engager efficacement dans l’action

Christophe André (1) nous décrit les principales fonctions de l’estime de soi. L’une d’entre elle permettrait à une personne de s’engager efficacement dans l’action  qu’elle souhaite entreprendre. Je m’explique. Les sujets possédant une estime de soi élevée prendront plus rapidement la décision d’agir , à l’inverse de ceux ayant une faible estime d’eux même qui resteront réticents au passage à l’action.

 

 

Protection face à l’adversité

Les personnes ayant une faible estime d’elles même rencontreraient plus de difficultés à faire face aux obstacles de leur vie. Portant un jugement de valeur négatif sur ce qu’elles sont, ces dernières fourniraient moins d’efforts pour se remonter le moral et aller de l’avant. « Je n’en suis pas capable », « je suis nul(le) », « je n’y arriverai jamais »; tant de phrases qui possèdent un impact NON NEGLIGEABLE sur notre estime de soi.

 

 

Favorise notre bien-être émotionnel

Nos émotions seraient, en partie, dépendantes de notre estime de soi. Cette dernière nous permettrait de conserver un confort psychologique optimal.  Vous vous sentirez à l’aise dans votre corps et votre tête, vous vous admirerez pour ce que vous êtes. De ce fait, vos émotions tendront vers une valence positive ( optimisme, résilience, altruisme, bienveillance). L’estime de soi favoriserait également notre stabilité émotionnelle. Elle correspond à notre capacité à ne pas se laisser submerger par nos affects.

 

 

Joue un rôle dans votre motivation et votre réussite

Rien de sorcier ici. Une personne ayant une estime de soi optimale s’admire pour ce qu’elle est, dès maintenant. Elle n’attend  pas une quelconque validation extérieure pour confirmer ce qu’elle pense d’elle même. Elle se sent capable de réaliser ses plus grands projets.  Quand elle rencontre une difficulté ou un obstacle sur son chemin, elle trouve les ressources nécessaires pour rebondir.

 

 

Protection face aux troubles mentaux

Parlons rapidement de Psychologie clinique. La dysthymie est une forme chronique de dépression qui perdure quelques années. Bien que ses symptômes sont plus « légers » que la dépression, elle altère notablement la qualité de vie des personnes atteintes. L’un des principales symptômes de la dysthimie est la faible estime de soi. Pour soigner ce trouble, les thérapeutes ont recours à la psychothérapie. La psychothérapie consiste essentiellement à travailler sur les émotions et les ruminations négatives du patient, permettant ainsi d’augmenter son estime de soi. De plus, l’estime de soi jouerait une rôle non négligeable dans certains autres troubles mentaux comme la dépression, les  troubles alimentaires ou encore l’anxiété (Mann, Hosman, Schaalma, & de Vries, 2004).

 

 

Je vous fait part d’un (très) bref résumé d’une étude passionnante [2]. Cette dernière est réalisée  par 4 chercheurs (Mann et al., 2004) , nous montrant l’importance d’avoir une estime de soi optimale :

 

  • Elle s’est avérée être le prédicteur le plus important du bonheur (Furnham and Cheng, 2000).

 

  • L’estime de soi améliore les capacités d’un individu à faire face à une maladie. De plus, elle est associée à un meilleur rétablissement après l’opération.

 

  • Plus les individus évaluaient leurs compétences comme médiocres (notamment par rapport à celle des autres), plus faible était leur estime d’eux même.

 

  • Elle joue un rôle non négligeable dans le développement de troubles mentaux (comme vu précédemment).

 

  • Une faible estime de soi semble être un facteur de risque dans le développement de comportement problématique (agression, violence, délinquance, décrochage scolaire).

 

 

Si vous devez retenir qu’une seule chose : La plupart des dommages à notre estime de soi sont auto-infligés.

En d’autres mots, cela veut dire que vous êtes la première personne responsable de votre faible estime de vous même. Mais cela veut aussi dire que vous êtes la première personnes à pouvoir changer les conséquences sur l’estime de vous-même.

 

 

 

A quoi sert la Confiance en Soi ?

 

Pas d’injustice ici ! De ce fait, comme nous l’avons fait avec l’estime de soi, nous allons voir les principales fonctions de la confiance en soi :

 

 

Perception saine de nos compétences

Les personnes confiantes possèdent un jugement positif  de leurs actions. Elle se jugeront capables de faire de nombreuses activités et ne se dénigrerons sous aucun prétexte. Si elles échouent, elles voient cela comme une manière de s’améliorer.

Cependant, comme je l’ai dit précédemment, nous sommes tous inégaux face à cette dernière. Certaines personnes sont confiantes dans la (presque) totalité des domaines qu’elles explorent et d’autres ne sont confiantes que dans un seul domaine. Une chose est sûre : chaque personne, sur cette terre, est AU MOINS confiante dans un domaine (sport, étude, loisirs, relation, and so on !). De  plus,  la confiance en soi est un muscle. On peut élargir notre « Zone de Confiance ».

Certains scientifiques préconisent même de travailler sur notre sentiment d’efficacité personnelle. Celui-ci désigne la perception que l’on a de nos  capacités à réaliser une performance particulière. Il semblerait qu’avec une perception légèrement supérieure à ce que l’on pourrait faire normalement, nos capacités dans un domaine précis augmenteraient. Ainsi, nous irions plus loin que nous l’avons espéré. Cela est régulièrement utilisé dans le domaine du sport.

 

 

Favorise notre bien-être

Tout comme sa meilleure amie (l’estime de soi), la confiance en soi favorise le bien-être. Cela vous étonne ? Pas moi. Croire en ses propres capacités à réaliser une tâche ou un objectif, oser agir, oser être nous même peu importe la situation, peu importe les circonstances. Ne pensez-vous pas que cela pourrait influencer (rien qu’un petit peu) votre bien-être ? La confiance en soi diminue notre anxiété et apporte plus de bonheur. En général, lorsque vous avez confiance en vos capacités, vous êtes plus heureux/se.

 

 

Permet le passage à l’action

La confiance en soi est avant tout la confiance que l’on a en nos propres capacités. On a tendance à associer, bien souvent, la confiance en soi avec l’assurance et le sentiment de certitude. Initialement, la confiance en soi nous permet de trouver la force d’agir malgré la peur. C’est uniquement après avoir agi, et parfois après de nombreux essais, que l’on ressent ce sentiment d’assurance. N’attendez jamais ce sentiment avant d’agir. Il ne viendra pas. L’assurance ne viendra qu’après avoir agi. J’aime dire que la confiance en soi revient à se dire : « J’ai peur, mais j’y vais quand même. »  Une personne confiante saura prendre des décisions saines malgré les incertitudes et les pressions qui pèsent sur elle.

 

 

Favorise l’affirmation de soi

Les personnes confiantes n’ont pas peur d’affirmer leur point de vue, défendre leurs idées pour ce qu’elles estiment juste. Elle n’ont pas peur de s’exprimer franchement. Elles prennent le risque d’exposer leurs idées quand certaines personnes garderont leurs idées pour elles et subiront sans réagir. S’affirmer, c’est simplement oser dire ce que l’on pense, quand on en ressent l’envie.

 

Intimement liée au charisme

On associe, sans grandes explications, le charisme avec la confiance en soi. Qu’en est-il vraiment ? Je compte y dédier prochainement un article… Affaire à suivre.

J’aime vous faire attendre !

 

Favorise la réussite professionnelle

J’ai lu, récemment, un livre de Daniel Goleman « l’Intelligence Émotionnelle » (cf les sources), qui m’a beaucoup inspiré. Daniel Goleman a été diplômé de la prestigieuse université d’harvard et il est docteur en psychologie clinique. L’Intelligence Émotionnelle est un livre qui a bouleversé le monde du travail et constitue un best-seller aux Etats-Unis. Ce livre est génial ! Je dis ça, je ne dis rien, mais je le dis quand même.

Pour en revenir à nos moutons, voici l’une des phrases qui m’a le plus inspirée:

Toutes les études sur la confiance en soi montrent que les êtres les plus confiants à un stade précoce de leur carrière ou de leur vie sont ceux qui réussissent les carrières les plus brillantes.

 

 

 

 

 

 

 

Voici un résumé pour les plus pressé(e)s :

 

  • Pas de confiance en soi sans action.

 

  • 2 types de confiance en soi : la confiance inconditionnelle (soi) et la confiance conditionnelle (autrui)

 

  • Importance de l’équilibre entre ces deux formes de confiance

 

  • La confiance en soi fait partie d’un ensemble plus large, constitué de : l’estime de soi, la confiance en soi, l’affirmation de soi.

 

  • La plupart des dommages à notre estime de soi sont auto-infligés.

 

description fonctions confiance et estime de soi

 

 

 

 

Des idées d’articles ? Dites-moi tout !

C’est toujours un plaisir de vous servir.

 

 

 

N’attendez pas d’être confiant(e) pour oser. Osez pour devenir confiant(e).

 

 

 


 

Sources :

 

[1] André, C. (2005). l’Estime de soi. Occe.coop. Available at: http://www.occe.coop/~ad67/EstimeDeSoi/pdf/4.CPS/2nd/at/011.pdf

 

[2] Mann, M., M. H. Hosman, C., P. Schaalma, H. and K. de Vries, N. (2004). Self-esteem in a broad-spectrum approach for mental health promotion. Academic.oup. Available at: https://academic.oup.com/her/article/19/4/357/560320

 

Goleman, D., Piélat, T. and Roche, D. (2014). L’ Intelligence émotionnelle. Paris: J’ai lu, pp.578-584.

 

Furnham, A. and Cheng, H. (2000) Lay theories of happiness. Journal of Happiness Studies , 1, 227–246.

 

Fanget, F. (2003). Oser : thérapie de la confiance en soi.Paris,France : Editions Odile Jacob.

 

Occe.coop. (n.d.). Available at: http://www.occe.coop/~ad67/EstimeDeSoi/pdf/4.CPS/1er/at/011.pdf

 

Ackerman, C. and Ugelow, L. (2016). Building Self-Confidence: The How, When and Why’s. PositivePsychologyProgram. Available at: https://positivepsychologyprogram.com/self-confidence/#Defining-self-confidence

 

Burton, N. (2015). Self-Confidence Versus Self-Esteem. Psychology Today. Available at: https://www.psychologytoday.com/blog/hide-and-seek/201510/self-confidence-versus-self-esteem

 

Leblanc, J. (n.d). LA DYSTHYMIE (OU TROUBLE DYSTHYMIQUE). Revivre. Available at: http://www.revivre.org/wp-content/uploads/2016/04/La-dysthymie.pdf